Albert Jacquard


Albert Jacquard

 

Scientifique

(né en 1925)

 

 

 

Citations d'Albert Jacquard :

 

 

"Dieu. Quoi que je fasse, le mot évoque en moi le vieux barbu des cathédrales, sculpté à notre image. Invention humaine dont je dois me débarrasser. Tuer le père, c'est d'abord tuer Dieu-le-père. Sous les statues du"Pan Creator", il faut écrire :"ceci n'est pas le Créateur". Les musulmans s'interdisent toute représentation de Dieu. Les juifs refusent de prononcer son nom. Je les envie.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Idées vécues / 1989)

"Un mystique ne peut être qu'agnostique. Il tend vers mais n'aboutit pas. S'il aboutissait, il serait Dieu lui-même et alors, ce ne serait plus de la mystique, mais de la folie paranoïaque.
(Albert Jacquard / né en 1925 / dans "Le Nouvel Observateur", 20 décembre 1989)

"La vie, ce concept mystérieux, est ramenée à la présence d'ADN. Il n'y a plus de frontière entre matière animée et inanimée. Tout n'est qu'une question de degré de complexité.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Conférence du 10 Avril 2001)

"Calculer la probabilité d'un événement n'a aucun sens une fois que l'on sait qu'il s'est produit. L'apparition de la "vie", celle des dinosaures, celles des Hommes, a résulté d'un grand nombre de bifurcations dans le cours des processus se déroulant sur notre planète ; chacune de ces bifurcations s'est produite alors que de nombreuses autres étaient possibles ; chacune avait une probabilité faible, mais il fallait bien qu'une de ces possibilités se produise.
(Albert Jacquard / né en 1925 / La science à l'usage des non-scientifiques / 2003)

"Les Eglises comme toutes structures humaines, ont pour objectif non la diffusion d'une "bonne nouvelle", mais l'extension de leurs pouvoirs. Elles ont souvent assis ce pouvoir sur la crainte qu'elles ont insufflée dans les esprits, notamment par les notions de péché et de damnation éternelle.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"L'esprit n'est que l'aboutissement de l'aventure de la matière. Il n'a pas d'autre origine que l'ensemble du cosmos.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Gödel l'a montré, en logique : aucune affirmation ne peut être prouvée sans référence à un corps de doctrine plus large, la recherche d'une preuve définitive ne peut s'arrêter que si l'on admet comme absolument vraie une parole initiale. Les religions en semblent être conscientes et se tirent du piège en prétendant être dépositaires d'une révélation; dès qu'une parole est supposée avoir été dictée par Dieu, il n'est plus possible de mettre en doute sa valeur. Si l'on refuse ce confort intellectuel, on doit accepter, en morale comme en logique, de faire place à de l'indécidable."
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"La plupart des religions recommandent d'aimer son"prochain". Le fait est que, malgré ce bel objectif, elles ont souvent secrété des comportements d'exclusion des "païens", des "infidèles", des "ennemis du vrai Dieu", qui n'étaient plus regardés comme des prochains, des frères, mais comme des adversaires à éliminer. Ce n'est pas au nom d'une volonté divine qu'il faut "aimer son prochain", mais au nom de notre lucidité sur la réalité humaine. Cette lucidité est pour moi le fondement de la laïcité.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Il me semble que les religions manifestent déjà une forme de totalitarisme lorsque, au-delà d'un individu, elles veulent débusquer le démon qui agit en lui, et ce, au nom d'une doctrine qui s'intéresse au "tout" et non pas aux éléments qui le composent. Les Inquisiteurs n'étaient-ils pas totalitaires lorsqu'ils torturaient un pauvre diable dans l'idée de lutter contre ce Tout partout présent et agissant qu'est le Diable ?
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Ne confondons pas imaginaire et irrationnel. L'imagination n'est vraiment dangereuse que si la raison lui apparaît comme une contrainte insupportable; alors, toutes les absurdités deviennent possibles. Notamment lorsque l'imagination est appelée pour suppléer notre impuissance, comme dans le cas des actes superstitieux. Ce n'est pas alors l'imagination qu'il faut incriminer mais le refus du recours simultané à la raison.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Est pathologique le fait de prendre pour réel ce qui est un produit de l'imagination. Notre activité intellectuelle a besoin de multiples sources, ne refusons pas la source des mythes, ou même des hallucinations, qui ont fourni la matière à tant de chefs-d'oeuvre. Un poète est souvent un halluciné. Mais si l'imaginaire devient la seule source, le danger est aussi lourd que si la réalité en était la seule source.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Accepter une loi dictée au sommet du Sinaï est une démission humaine. N'attendons pas une vérité révélée pour savoir comment nous comporter. C'est à nous de décider en commun ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Si le foulard n'était qu'une façon de s'habiller, il ne poserait pas problème. Mais le "foulard islamique" est une façon d'affirmer qu'une jeune musulmane, pour être fidèle à sa religion, doit le porter. Il s'agit donc d'une pression sur celles qui jugent bon de n'en pas porter. A ce titre, il ne peut être toléré.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"L'invention des dieux [...] résulte d'une démission de la raison, plus précisément d'une incapacité à accepter une évidence douloureuse, du moins pour certains : que la raison ne peut apporter des réponses à tout. Cette invention, comme toutes les inventions, a été utilisée parfois pour provoquer les pires fléaux, ainsi les effroyables guerres de religion.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Les religions sont en effet marquées par de nombreuses traces d'infantilisme et, plus généralement, d'anthropomorphisme. Dans l'incapacité de concevoir Dieu, nous nous réfugions dans des représentations caricaturales, en l'affublant d'attributs humains, par exemple en le regardant comme un père, donc comme un mâle.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"L'évocation d'un paradis à gagner en acceptant les misères du monde présent a été une véritable drogue évitant la révolte des exploités. La religion catholique n'a pas fini de payer sa compromission avec ce détournement des paroles de l'Evangile.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Pour les catholiques, le problème d'aujourd'hui est de décider ce qui prime, la parole de l'Evangile ou celle du pape.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Est fanatique celui qui est sûr de posséder la vérité. Il est définitivement enfermé dans cette certitude; il ne peut donc plus participer aux échanges; il perd l'essentiel de sa personne. Il n'est plus qu'un objet prêt à être manipulé. C'est là le péché fondamental des religions : faire des adeptes qui ne posent plus de questions. L'attitude scientifique est exactement à l'opposé.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"La démarche scientifique n'utilise pas le verbe croire; la science se contente de proposer des modèles explicatifs provisoires de la réalité; et elle est prête à les modifier dès qu'une information nouvelle apporte une contradiction. Pourquoi les religions n'en feraient-elles pas autant ?
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Les religions devraient solennellement proclamer que toute guerre en leur nom constitue véritablement un blasphème."
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Je suis, comme beaucoup, agnostique, c'est-à-dire conscient de mon incapacité à dire quoi que ce soit à propos de ce qu'il est convenu de désigner par le mot Dieu.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"L'exemple extrême d'une attitude utopique prônant la passivité a été celle de l'Eglise au XIXe siècle proposant à la classe ouvrière éhontément exploitée de prendre patience, les souffrances subies sur cette terre lui ouvrant pour après la mort les portes du Paradis. Cette "utopie" a en effet été réactionnaire.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Les religions sont un obstacle sur ce chemin [recherche de la vérité] dans la mesure où elles se réfèrent à une parole révélée. Le concept de révélation conduit droit à l'intégrisme dont nous voyons les ravages.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Petite philosophie à l'usage des non-philosophes / 1997)

"Combien de siècles faudra-t-il pour admettre qu'attribuer un sexe à Dieu est un blasphème ?
(Albert Jacquard / né en 1925 / Dieu ? / 2003)

"Je ne suis pas athée, mais agnostique. Athée, cela veut dire : je sais que Dieu n'existe pas. Moi, je n'en sais strictement rien. Gnose signifie parler. Être agnostique, cela veut dire : si Dieu existe, je suis incapable de le dire, donc je n'en parle pas. Mais je peux évoquer l'idée que d'autres se font de Dieu.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Entretien sur http://www.nouvellescles.com)

"... j'ai été un petit catho très fervent dans ma jeunesse. J'ai passé deux ans chez les jésuites, j'ai même servi la messe ! Mais progressivement, je me suis éloigné de l'Eglise et de ses rites : "Trop longtemps, j'ai cru ce qui m'était dit", sont les premiers mots de mon livre [Dieu ?]. J'ai réalisé que les religieux m'avaient enseigné des choses auxquelles eux-mêmes ne croyaient pas. Et je leur en ai voulu.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Revue Topo, anatomie du credo / avril 2004)

"Oui, l'Eglise catholique, elle devrait selon moi revoir sa copie. Et, au lieu de continuer à faire réciter une prière obsolète à ses fidèles, mettre plutôt l'accent sur le Sermon sur la Montagne que l'on trouve dans les Evangiles : Jésus y invite les hommes à s'aimer les uns les autres... un projet de vie en commun qui n'a rien à voir avec l'affirmation de croyances.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Revue Topo, anatomie du credo / avril 2004)

"Le fait que Mahomet ait écrit le "Coran" sous la dictée de l'ange Gabriel est non seulement absurde, mais dangereux : du fait de leur caractère sacré, on ne peut plus rien changer à ces écrits, et l'islam risque de se retrouver de plus en plus décalé par rapport au monde contemporain.
(Albert Jacquard / né en 1925 / Revue Topo, anatomie du credo / avril 2004)

"Je n'ai pas de solution : mon objectif, ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui.
(Albert Jacquard / né en 1925)

"Transformer les citoyens en moutons soumis est le rêve de bien des pouvoirs. Pour y parvenir les moyens sont nombreux ; les intoxiquer de parasciences peut-être fort efficace.
(Albert Jacquard / né en 1925)

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